À Provins, la Lézarde symbolise le Val (la ville-basse), zone humide, peu à peu arrachée aux marais. Le Dragon, symbole d’air et de feu, représente le Châtel (la ville-haute).
Depuis le Moyen Âge, des processions se déroulent, l’une menée par le sonneur de Notre-Dame-du-Val qui porte une bannière de la Vierge surmontée d’une lézarde et l’autre menée par le sonneur de Saint-Quiriace qui porte un dragon.
Lors de leur rencontre, un simulacre de bataille s’engage…
Le dragon qui couronne aujourd’hui la Tour César, symbole de vigilance et de force, subsiste probablement depuis ces processions où il était l’emblème de Saint-Quiriace et par extension des habitants du Châtel.
Depuis la fin du XVIIe siècle, la Tour César porte les cloches de l’église Saint-Quiriace et une toiture pour les protéger, couronnée de temps à autre, par une girouette en forme de dragon.
Affrontant les plus terribles bourrasques, la girouette-dragon a été restaurée ou refaite au cours des siècles, notamment en 1876.
Le 27 août 1944, lors de la Libération de Provins, des projectiles atteignent la Tour César dont la girouette disparaît.
En 1980, la municipalité décide de replacer une girouette-dragon sur la Tour César, à l’issue de travaux de réfection de la toiture.
Ce dragon de bronze a été créé par Mario Pisoni, artisan d’art provinois dans son atelier rue du Paraclet, à Provins.
Après une sculpture initiale en chêne et une première coulée en aluminium pour essai, l’oeuvre définitive en bronze a pris forme, elle pèse 110 kg.
Le relais est passé à une équipe de la Commune libre de la Ville-haute qui l’a accompagné jusqu’à la place Saint-Quiriace.
Le dragon a été accueilli par ces mots :
“ Bienvenue à notre emblème retrouvé qu’il brave longtemps les orages et les tempêtes comme il le fit pour nos ancêtres. Réjouissez-vous Villehautiers, nous retrouvons notre passé. ”
Une cérémonie de mise en place s’est déroulée le 25 janvier 1981, à l’occasion de la Saint-Paul, fête de la Confrérie des vignerons du Châtel.
Une équipe de militaires du 2e Hussard, alors en casernement à Sourdun, a eu la charge de le porter sur les épaules, en ville-basse jusqu’à la rue Saint-Thibaut.
Dimanche 26 janvier 2025, 44 ans quasiment jour pour jour après la pose du Dragon, la municipalité et la commune libre de la Ville-haute ont rendu hommage au sculpteur, à l’occasion de la Fête de la Saint-Paul, en apposant une plaque en sa mémoire dans l’enceinte de la Tour César, en présence de sa fille Martine Pisoni.