Ce soir, nous sommes rassemblés car comme vous tous, comme une immense majorité des Français silencieux, droits et dignes, nous avons ressenti tout à la fois de la nausée, de l’écoeurement, de la honte, mais surtout et d’abord de la colère, une colère froide qui monte partout dans nos communes.
A-t-on le droit, quand on est Français, quand on vit dans ce pays, d’agresser gratuitement, de casser des bâtiments publics, de vandaliser, de piller des commerces et de détruire le fruit du travail d’honnêtes gens ?
A-t-on le droit dans un grand pays démocratique comme le nôtre, de s’attaquer impunément à des policiers, à des gendarmes, à des pompiers qui sont les protecteurs de nos libertés, de toutes nos libertés, individuelles et publiques, y compris le droit de manifester ?
Évidemment, personne n’en a le droit car l’ordre républicain est notre bien collectif le plus précieux.
Et pourtant, certains, dans une forme de haine que rien ne peut justifier, ont décidé de défier l’État. Toutes celles et ceux qui tentent de le justifier, mettent gravement en danger l’unité nationale et prennent une lourde responsabilité.
Aujourd’hui, comme devant une multitude de Mairies de France, c’est à une prise de conscience, à un sursaut de tous les Français, des citoyens, en conscience, des familles aussi auxquels nous appelons.
Un sursaut pour condamner, sans ambiguïté, les actes inqualifiables, dont certains sont de véritables crimes, qui ont été commis samedi et hier encore.
Un sursaut pour que le soutien aux forces de l’ordre soit non négociable, partout et par tous, et qu’elles reçoivent les ordres et les moyens de protéger les biens et les personnes car il en va du pacte républicain entre les citoyens et l’État.
Comme tous les Maires de France, je me suis mis à la place du Maire de LIMOGES.
Il faut connaître les rouages les plus fins du fonctionnement quotidien d’une commune pour mesurer quelles seront les conséquences longues, difficiles à supporter, de cet incendie qui a provoqué une très vive émotion dans tout le pays.
Une Mairie, vous le savez, c’est bien davantage qu’un bâtiment public, bien plus que le lieu des services publics de proximité, c’est l’enracinement séculaire de la démocratie dans toutes les communes de France.
Ce qu’ont enduré plusieurs communes, tout particulièrement LIMOGES, et tant d’autres – il faut bien que nous le mesurions – c’est une attaque en règle contre la démocratie française et contre la République elle-même.
Dans les prochains jours, les discours les plus fermes seront les bienvenus.
Mais ce que nous attendons, ce qu’attend la majorité silencieuse, ce sont des actes, simples et précis, des arrestations, des condamnations par la justice. Des actes qui en définitive restaureront l’autorité et le prestige de l’état dans un pays, notre pays, la France, où l’État et la Nation ne font qu’un et sont unis dans le même pacte indissociable.
Olivier LAVENKA

